*La Vie d'Aloca - Version Slam*
_Irénée Dubuz_
Aloca.
Répétez ce nom.
Ce n’est pas un point sur une carte.
C’est une cicatrice qui parle,
Une école sans murs,
Où la vie est professeur et l’adversité, le tableau.
Je suis né dans la poussière des pas pressés,
Grandis au son des klaxons et des prières murmurées.
Ma mère vendait le temps en sachets,
Mon père achetait l’espoir à crédit.
Et moi, enfant, j’apprenais à compter
Non pas les chiffres, mais les chutes… et les relevés.
Aloca ne caresse pas.
Aloca forme.
Elle vous met à genoux pour voir si vous connaissez la prière,
Elle vous vide les poches pour vérifier ce qu’il reste dans la tête.
Ici, on n’hérite pas. On mérite.
Chaque ruelle est un manuscrit,
Chaque visage, une leçon de résilience.
On dit : "C’est dur là-bas."
Oui.
Dur comme le fer qu’on trempe pour en faire une lame.
Dur comme la foi qu’on serre dans le noir à 3 heures du matin.
Mais regardez-nous :
Nous n’avons rien, sauf cette dignité qu’on refuse de vendre,
Cette tête haute, sculptée par le manque.
Aloca, tu m’as pris mon enfance facile,
Et tu m’as donné une armure.
Tu m’as volé le confort,
Et tu m’as offert la vision.
Alors à ceux qui jugent sans avoir marché :
Taisez-vous.
Venez. Posez vos chaussures propres sur notre terre rouge.
Sentez cette chaleur. Écoutez cette solidarité.
Vous comprendrez que d’Aloca ne sortent pas des victimes…
Il en sort des rois. Des bâtisseurs. Des survivants.
Parce que survivre à Aloca,
Ce n’est pas juste respirer.
C’est déjà avoir gagné la guerre
Avant même d’avoir livré bataille.
Aloca dans le sang.
Aloca dans l’âme.
Aloca, pour l’éternité.