(Bruit d'un briquet, une grande inspiration)
Ouais... on m'avait dit que le sommet était trop haut.
Que les marches étaient trop glissantes.
Mais on n'est pas venus pour regarder le paysage, on est venus pour posséder la vue.
Écoute.
(Couplet 1)
J’ai commencé tout en bas, là où l'ombre est tenace
Dans le silence du béton, j'ai dû me faire une place
Chaque rime était une pierre, chaque échec un ciment
J’ai bâti ma forteresse sans demander d'agrément.
On me disait : "Redescends, t'as pas le profil, fiston"
Mais j'avais la dalle d'un loup enfermé dans un caisson.
Les nuits blanches au studio, l'encre qui remplace le sang
À gratter des vérités quand les autres passaient le temps.
J’ai vu des potes trahir pour des miettes de confort
J’ai vu des portes se fermer, j'ai dû frapper plus fort.
La réussite c'est pas un don, c'est une guerre de tranchées
Il faut savoir tomber, mais surtout savoir se relever.
(Refrain)
On court après la réussite, on veut la part du gâteau
Quitter la brume du bas pour les sommets, tout en haut.
C’est pas la chance, c'est la sueur, les larmes et le cran
On laisse une trace indélébile, on défie le temps.
La réussite, c'est un marathon, pas un sprint de quartier
On veut l'empire, le respect, et la paix pour s'évader.
(Couplet 2)
Maintenant le téléphone sonne, tout le monde devient "mon frère"
Ceux qui m'ignoraient hier veulent aujourd'hui m'extraire de l'enfer.
Mais mon cercle est resté restreint, la loyauté c’est ma devise
On ne construit rien de solide sur des promesses qui se divisent.
Je sécurise la daronne, c’est ça ma plus belle victoire
Voir la fierté dans ses yeux vaut tous les disques d'or de l'histoire.
On n'oublie pas d'où l'on vient quand on sait où l'on va
Le succès c’est un parfum qui n'attire pas que des rois.
J’encaisse les coups de pute comme des rappels à l'ordre
Plus tu montes haut, plus les hyènes veulent te mordre.
Mais j'ai le cuir épais, forgé dans la résilience
La réussite est une fleur qui pousse dans le silence.
(Pont)