On a construit un empire avec des bouts de ficelle,
Des fins de mois en apnée sous une lumière artificielle.
Je revois les mains du daron, usées, gravées par le labeur,
Il cachait ses fissures pour ne nous vendre que du bonheur.
Et la daronne au milieu, pilier central de la maison,
Qui transformait nos doutes en de magnifiques horizons.
Les rires dans le salon, les cris, les larmes au petit déjeuner,
Toutes ces petites scènes qu'on pensait gravées à jamais.
Mais le temps est un voleur, il avance à pas de loup,
Les enfants grandissent vite et quittent le nid, un beau jour.
Aujourd'hui les pièces sont vides, le silence prend toute la place,
Je regarde les photos, le reflet du passé qui passe.
On s'est aimés si fort, au-delà de ce qu'on peut dire,
La famille c’est ce livre où chaque ride est un souvenir.
Un héritage invisible, une force gravée dans les veines,
Parce que leurs sacrifices sont devenus mes capitaines.